Vers le Nord ! – Épisode 1

By 23 avril 2013Nouvelle-Zélande

Finie, l’île du Sud, finie.

C’était en arrivant à Wellington que j’avais entendu parler de ce petit bout de pays casé tout au Nord, au-dessus de la ville d’Auckland, et nommé avec originalité le Northland. Étant arrivé tout au Sud de l’île du Nord, c’était avec étonnement que j’avais songé : « mince, je crois avoir loupé quelque chose ». Et c’est aussi à ce moment que je m’étais dit que, quoi que je fasse, mon voyage se terminerait dans cette région.

Après les joies des récoltes à Blenheim, puis la déception de Kaikoura sous la pluie, c’est à Christchurch que mon aller sans retour vers Auckland m’attendait.

Retour dans la ville où tout a commencé, dans le quartier où tout a commencé, et… Non, le backpacker où tout a commencé était complet. Mince.

Deux jours du côté de Mont Eden, essayant de planifier la façon dont j’allais bouger pour pouvoir attraper mon vol de retour, et puis départ vers le Nord.

Sauf que je n’avais pas pensé à une seule chose : comment diable sortir d’une ville aussi gigantesque qu’Auckland en stop ? Mes deux sacs sur le dos, je commençais à desespérerquand une sympathique dame est venue vers moi et à tout fait pour me sortir de là, téléphonant à la compagnie des bus pour trouver quel bus à quel arrêt et à quel moment pouvait me sortir de là. C’est amusant de penser que sans elle, je serais sans doute encore en train de chercher un moyen pour sortir de là : les arrêts de bus et leurs destinations ne sont pas très explicites.

Puis, on the road again. C’est en très peu de temps que les gens s’arrêtent, et sont en général bien plus sympathiques par ici que dans le Sud… Ce n’est pas courant que je me fasse offrir une bière, en faisant du stop.

Première destination : Mangawhai. Ou Magical Mangawhai, comme le stipule le panneau sur la route. « Touristic crap », selon le gars qui m’avait pris en stop. On ne peut pas lui donner tort, je vois assez mal n’importe quelle ville de France se voir rajouter « Magique » ou « Incroyable » devant son nom.

Tu veux quelques coquillages ?

Tu veux quelques coquillages ?

Et puis, le début de l’hiver qui se fait sentir. Non pas le froid, on ne descend que rarement en-dessous de 20° même dans les mois les plus froids ici, mais la pluie fait son apparition. Une pluie que je qualifierais de Normande, un crachin ne s’arrêtant presque jamais, et faisant monter en flèche l’humidité de l’air.

Un jour, deux jours, puis trois, sans ne pouvoir faire grand chose. Bloqué par la pluie, dans un backpacker un poil trop calme.

Au quatrième matin, plus le choix : plus beaucoup de temps restant, trop de choses restant à voir. C’est avec un plaisir non caché que je m’enfuis de Mangawhai sous une bruine sans fin. Encore au Nord, plus au Nord. Whangarei, la « capitale », ou la plus grande ville de cette région. L’endroit où le plus de Maoris vivent, et aussi l’endroit où la pauvreté et la criminalité sont au plus haut. Mais tout est relatif, étant donné que la criminalité dans le reste de la Nouvelle-Zélande reste très, très basse.

Puis, de Whangarei, direction… Le Nord. Une vieille dame me prend en stop, puis, arrivé à un croisement, me dit : « Là où tu veux aller, c’est par ici, moi je vais de l’autre côté. Mais je te préviens, de mon côté c’est bien plus sympa, et je peux t’héberger ». Ah. Réflexion intense. Je comptais revenir par là, mais… Finalement… Ce sera peut-être plus simple. Et c’est après m’avoir offert un repas dans un café local que cette sympathique dame m’emporte vers la « baie » de Hokianga, et la petite ville d’Opononi. La meilleure ville de Nouvelle-Zélande, selon les locaux. Et dans un sens, ils n’ont pas tort : outre les vues magnifiques sur Hokianga, la région à un je-ne-sais-quoi d’incroyablement calme, relaxant. L’air est chaud sans être étouffant, le calme règne en maître. Un endroit où il fait bon rester sans se prendre la tête, où profiter de la vie est l’important, où tout le monde connait tout le monde… Un petit monde à part, loin de tout.

Hokianga, une avancée de mer dans la terre.

Hokianga, une avancée de mer dans la terre.

C’est dans cette atmosphère que je passe une soirée agréable, ponctuée de quelques bières et d’un fish & chips, pour continuer à manger équilibré, et qu’au matin, cette vieille dame m’amène jusqu’au ferry de Rawene, traversant Hokianga avec pour but de ma journée Ahipara et la porte de la Ninety Miles Beach.

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