Un tour aux Nelson Lakes

By 9 janvier 2013Nouvelle-Zélande

La pluie, cette étrange inconnue qui m’a chamboulé mes plans pour une semaine. Et allez savoir pourquoi, j’en suis plutôt heureux.

Bloqué dans la petite ville minière aux allures de Far West, mes choix étaient plutôt restreints. Soit y rester, quitte à payer un backpacker pour ne rien y faire, soir repartir, vers le nord. Le deuxième choix s’est logiquement imposé.

Le pouce en l’air, j’avale en à peine une journée les 300km me séparant de ma destination. Une nuit dans un (magnifique) backpacker dans la petite ville de Murchison, et j’arrive à St Arnaud, la porte d’entrée du parc national des Nelson Lakes.

Arrivé au soir, un petit tour dans un fish and chips de montagne suivi d’une nuit dans un backpacker bien trop cher; puis au matin descente dans le camping bordant le lac. J’installe mon hamac, armé cette fois d’une bâche bien plus grande, puis vais explorer les environs. Il suffit de faire environ 30 mètres pour rester planté, subjugué par la beauté du lieu.

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Non, ce n’est pas une carte postale.

Une petite marche pour démarrer, intitulée « Loop Track ». En effet, c’est une boucle d’une heure et demi dans une forêt en réhabilitation naturelle. On passe de la berge de lac aux sous-bois, puis à la basse montagne, puis à un marais tropical. Génial. Quelques oiseaux me passent devant, un aux couleurs jaunes orangées visiblement non désireux de se faire photographier, d’autres aux plumages plus ternes mais moins farouches. Si on s’arrête quelques minutes au milieu du chemin, la clameur des cris des passereaux rend l’endroit encore plus calme et isolé qu’il ne l’est déjà.

En chemin, à la croisée de deux marches, je rencontre un groupe de personnes, visiblement assez fatiguées, qui me disent qu’ils viennent de faire la St Arnaud Range Track. Et que c’était incroyable. Et dur. Bizarrement, je les ai tout de suite cru. Un petit glanage d’informations et un regard sur le point météo pour les jours à venir, histoire d’avoir une jolie vue. Le temps s’annonce horrible, sauf pour le jeudi après-midi. Après avoir fait quelques provisions à l’échoppe du coin, des spaghettis en conserve, j’attends le jour et le moment pour partir.

Début de la marche, ça monte, doucement. Les nuages ne sont pas encore totalement dissipés sur le sommet, mais j’ai bon espoir. Dans une ambiance de basse montagne à la lumière tamisée, on marche à côté d’une petite rivière courant calmement vers le lac. L’endroit est vraiment très calme, et on sent que la forêt se remet de la pluie tombée la nuit précédente.

La grimpette commence, et on monte en zigzag le long de la montagne. De droite à gauche, de gauche à droite, cette partie est assez démotivante. Pendant quelques 2 heures, on monte sans avoir un soupçon d’idée de ce à quoi ressemble le paysage. De gigantesque arbres aux feuillages épanouis bloquent la vue, gardant pour eux la vue sur la vallée. Puis, peu à peu, des trouées bleues se creusent entre les troncs. Au détour d’un virage, un petit bruit de cascade attise ma curiosité. Une rivière à cette hauteur ? Non, impossible… Du sol, glissant sur un lit de mousses d’un vert éclatant, un petit ruisseau s’était fait son lit en ce lieu. Une source magnifique, contrastant avec les couleurs terreuses alentours. Le rayon de soleil frappant la source à sa sortie lui donnait une aura féérique. Pour peu, les moucherons voletant autour d’elle avaient l’allure d’étoiles scintillantes. Mais en plus de sa beauté, cette source avait une utilité indéniable : ayant emporté ma gourde mais ayant malencontreusement oublié de la remplir, elle tombait à pic.

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Comme un fragile oasis…

Ma soif étanchée, et revigoré, je m’élançais à nouveau vers le sommet. De moins en moins d’ombres sur le chemin. Une percée. La sortie, enfin ! Devant moi, les grands rochers surnommés les « parachute rocks », et derrière, une magnifique vue sur la vallée, et le lac. Mais là ne s’arrêtait bien sur pas la marche, bien au contraire. A l’abri d’un des rochers, la faim commençait à se faire sentir. Mais j’avais embarqué dans mon sac mon petit réchaud, et ma boîte de spaghettis, ainsi que mes gamelles. Et un repas à cette hauteur, ça a vraiment quelque chose de bizarre. Même le plus horrible des plats préparés prend un goût excellent, probablement celui de la fierté et de la liberté.

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Ceci est un repas au sommet !

Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin, il reste encore à parcourir ! Mon repas englouti, je vais vers le sommet de la chaîne. La partie véritablement difficile commence. Des pierres pas stables du tout, une pente à 40° ou plus, un vent fort et froid descendant des pics et balayant les contrebas. Mais je devais y aller. Faire demi-tour ici aurait été une perte de temps incroyable ! Enfin, pantelant, m’aidant des mains pour faire un pas, j’atteins enfin le sommet, et pousse un cri de victoire. Oui, quand même, c’est pas tous les jours qu’on grimpe aussi haut à pied ! Enfin, pas moi, du moins.

Je crois que jamais je n’aurais pris autant de photos des alentours. Un panorama incroyable, des petits lacs alpins, des formations rocheuses plus ou moins étranges, et le sentiment d’être au sommet d’une montagne apparaissant dans le Seigneur des Anneaux. Mine de rien, ça redonne de la patate. Malgré le vent fort et froid courant sur les sommets, je m’élance vers le point le plus haut de la chaîne. Ça  donne presque dans l’alpinisme, un pas de travers et je donne pas cher de ma peau. Mais le jeu en vaut la chandelle. Voyez vous-même :

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Ça vaut bien la peine de transpirer un peu.

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Et CA c’est la Nouvelle-Zélande !!

Après s’être extasié de longues minutes à admirer les sommets, le vent glacial commence à se faire sentir malgré mon polaire. Il faut alors redescendre. Moi et ma lubie de vouloir toujours redescendre les montagnes au pas de course auront eu raison de mes jambes pour les jours suivants.

Retour au camping, et rencontre avec Benoît, un français vraiment sympa avec qui j’ai (re)fait la route vers Greymouth, sauf que cette fois j’ai bien eu le temps de prendre quelques photos. Et je ne m’en lasse pas, ce cette route.

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Entre montagne et mer…

Au milieu de cette dernière se trouvent les pancakes rocks, une étrange formation rocheuse, qui crée des formes assez uniques, d’autant plus qu’elles sont inlassablement cisaillées et retaillées par la mer.

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Quand Dame Nature joue aux Légos…

Après ces quelques arrêts, et des souvenirs pleins la tête, je finis dans un backpacker très sympa à Greymouth, pendant que Benoît a continué sa route vers un camping. Je l’aurais bien accompagné si la bâche avait complètement résolu le problème de froid, enfin…

Join the discussion 8 Commentaires

  • Quertu dit :

    Greymouth et Westport, ce sont les pires villes de la NZ. Grises, laides, moches. Beuark, j’ai erré là-dedans en soupirant les x² fois que j’y suis passé.

    Par contre à Nelson, y a le centre de la NZ; c’est fun !

    • solomai dit :

      Nelson, j’ai pas trop aimé, trop touristique, trop plein de gens, et trop chaud.
      Gerymouth, le nom lui correspond plutôt bien. La bouche grise ouverte sur la mer, récoltant les navires abîmés par de longs voyages. Franchement, si le backpacker avait pas été un des meilleurs de Nouvelle-Zélande, j’y serais pas resté 2 nuits !
      Et Westport c’est comme Greymouth mais en plus petit. De cette ville je n’aurais fait que le Subway, ce qui est sûrement la meilleure chose à faire là-bas.
      Mais la route entre les deux est vraiment, mais vraiment sublime.

  • Quertu dit :

    5 jours, c’est au moins 4 de trop 😀

  • natachaoharo dit :

    Tu as mis combien de temps en tout pour faire cette randonnée au sommet ? Est-ce que tu la penses accessible pour des petits marcheurs ou pas du tout ? Merci d’avance !

    • solomai dit :

      Environ 6 heures, en comptant le repas au sommet et la prise de toute la région en photo, ainsi que la balade le long de la crête (vers la droite, pas vers la gauche !). Je suis pas un gros gros marcheur non plus, donc c’est tout à fait possible, du moment que tu aies vraiment envie d’arriver au sommet, parce que la marche en forêt avec un gros dénivelé est vraiment démotivante.

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