Ultime étape – Épisode 4

Comme tout a une fin, il me fallait quitter ce merveilleux endroit que le Cap Reinga.

Et, heureusement, nombre de personnes viennent admirer cette incroyable création de la nature au matin, ce qui m’a permis de rapidement trouver quelqu’un pour m’amener tout en bas de la péninsule, un homme un peu hippie venant du Canada pour sa quête spirituelle.

Bifurquant à gauche, je devais continuer par mes propres moyens, ce qui ne s’est pas avéré si difficile que ça. Un type plutôt sympa s’est fait un devoir de m’amener à ma destination, à quelques 20km plus au Sud que la sienne, en prenant le temps de me montrer des lieux incontournables, que j’aurais sûrement ratés autrement.

Et en effet, il est toujours amusant de voir la plus vieille maison du pays, à Kerikeri, datant de quelques 200 ans environ, et par conséquent étant sûrement plus récente que celle où je vis.

Puis, arrivée à Pahia, et la Bay of Islands. La Queenstown du Northland, avec sa proportion de magasins de souvenirs et d’activité presque trop élevés. Mais enfin bon, c’est assez joli, il faut le dire.

Après avoir chaleureusement remercié le conducteur, qui m’avait déposé dans mon auberge de jeunesse presque trop propre, je regarde ce qu’il y a à faire dans la région. Une fois n’est pas coutume, on a le droit de payer, et on me déconseille de marcher vers les chutes d’eau du coin, pourtant réputées dans la région. Et en effet, on lit sur le Lonely Planet que ces chutes sont le « Paris Hilton des chutes d’eau : pas très jolies ni utiles, mais énormément prises en photo ». Intéressant !

Ne reste dans la région que Russel, petite ville accessible par ferry, de l’autre côté de la baie. Le jour où j’ai finalement décidé d’y aller sera le Anzac day, commémoration des soldats Australiens et Néo-Zélandais morts pendant les deux guerres mondiales.

A peine ai-je posé le pied hors du ferry qu’une longue procession menée par quelques musiciens lançant une mélodie aux sonorité irlandaises passe devant moi. Intriguant. Je les suit.

Un 11 novembre de l’hémisphère Sud, peut-être en plus solennel.

CIMG4261

Ça en fait des drapeaux…

Et c’est ainsi que je visite le centre-ville en compagnie d’une centaine d’autres personnes, s’arrêtant devant les lieux de commémoration importants. Puis, une heure plus tard, le groupe se disloque, l’évènement prend fin.

Je quitte alors le centre-ville pour me balader un peu. C’est alors que je vois la plage, vers l’entrée de la baie. Pas de chemin, donc personne.

Et en effet, ce n’est pas la plage la plus simple à parcourir, couverte de gros blocs de roches érodés où s’accrochent des jeunes huîtres par milliers. Sautant de bloc en bloc, je regarde le paysage qui se dessine devant et derrière moi. Et ce n’est pas sans me rappeler l’Abel Tasman, en moins touffu, plus rocailleux, et un peu plus terne.

CIMG4313

Ça a des airs d’Abel Tasman, non ?

Et pourtant elle est froide...

Et pourtant elle est froide…

Et je continue mon chemin, slalomant entre les rochers hérissés de pointes, jusqu’à atteindre une magnifique plage, ne laissant d’ailleurs pas aller plus loin. Je m’y poses deux minutes, et la réalité me prend directement aux tripes : cet endroit est le dernier de Nouvelle-Zélande que j’explore. Mélange de sentiments indescriptible, excitation, tristesse, peur, et joie au même moment. Un mix désagréable qui m’aura d’ailleurs suivi depuis ce moment jusqu’à Singapour.

Autant avant de partir, je ne me sentais pas si concerné que ça, autant maintenant, je suis déchiré entre la joie de tout retrouver, et la peur de tout perdre, surtout ce mode de vie que j’aime tant, et la sensation de liberté totale qu’on en tire.

C’est avec ces pensées me suivant que je reviens vers la mer et mon auberge de jeunesse.

Le lendemain, ne trouvant pas de spot potable pour repartir vers la capitale, je dois marcher, moi et mes sacs à dos, pendant une petite heure, jusqu’à trouver un point sympa. Et il s’avéra que ce point était mon tout dernier spot de hitchhike en NZ.

CIMG4403

Si c’est le dernier, autant qu’il soit joli.

Un couple s’arrête, me proposant un ride direct vers Auckland. Étonné, je monte dans la voiture, et on commence à me parler en français. Mince, mon accent est si repérable que ça ??

Après une petite discussion, j’apprends que la femme est originaire du Sud de la France et immigrée depuis une dizaine d’années au pays des kiwis, et son mari est autochtone, mais parle lui aussi relativement bien français.

Puis, arrivée à Auckland, et retour dans mon premier backpacker, l’Oaklands lodge. Des têtes connues reviennent de partout. Visiblement, les gens aiment rester dans cet endroit. Retour au downtown, sur la Queen Street, et dans les environs. De vieux souvenirs reviennent, tous bons. En parlant de bon, c’est d’ailleurs au dernier moment possible que je choisis de tester la chaîne de fast-food de Nouvelle-Zélande, le Burger Fuel. Pas donné, certes, mais… Gigantesque, et efficace. Il en faudrait définitivement plus, des fast-food comme ça…!

Et le dernier soir vient. Avec une française fraîchement arrivée, nous décidons de monter en haut du Mont Eden, et admirer la vue pendant la nuit. D’autres souvenirs qui reviennent. Sauf que dans mes souvenirs, j’étais seul en haut, et le parking n’était pas plein. Enfin…

C’est d’ici que je peux une dernière fois observer la ville où tout à commencé, et où tout se terminait. Dans ce lieu qui m’est finalement cher, pour de nombreuses raisons. Et puis, le soir tombe, il faut redescendre.

Et partir.

Au matin, je prends l’avion, direction Singapour, pour une semaine environ.

CIMG4461

Ma dernière vue sur Auckland…

Farewell, New Zealand.

Join the discussion 5 Commentaires

  • Le Duc dit :

    Super billet, assez émouvant sur la fin 🙂 Il ne me tarde pas d’être à ce même moment, ce dernier soir, revenant sur les lieux de mes débuts dans ce pays… et en même temps, ce sera probablement aussi un merveilleux instant… we’ll see ! Bon retour au pays Sébastien

  • Mathilde dit :

    Hello Sébastien ! Alors de retour dans notre belle france ?
    J’ai pris beaucoup de plaisir à suivre tes périples, alors je voulais te féliciter pour ton beau parcours du haut de tes « 19 ans c’est ça ? » en tout cas c’est pas donné à tout le monde de faire ce que tu as fait, alors bravo 😉 Bonne continuation.

    • solomai dit :

      Eh oui, de retour en France pour le moment !

      Merci, mais je pense que ce genre de voyage est donné à tous ceux qui s’en donnent les moyens !

  • Cedric dit :

    Très beau billet mon cher Solomai.

    Au plaisir de te relire !

Une réaction ? Une question ? N'hésitez pas à commenter !