…sur les chapeaux de roue.

By 20 novembre 2012Nouvelle-Zélande

Vous sortez de l’aéroport, vous savez où vous devez aller, quel bus vous devez prendre. Moi, c’était le Mt Eden Street, juste à droite en sortant. 16$ la navette, ça fait mal, mais que voulez-vous.

Avec les indications précises, je trouve mon Aucklands Lodge en moins de 2 minutes, et je tape le digicode qu’on m’avait donné par mail lors de la réservation, rêvant doucement à une VRAIE nuit que je pourrais enfin passer. « La clé se trouvera dans une enveloppe épinglée à côté de l’office ». Une porte marquée Office. Un tableau à côté, avec des papiers épinglés dessus. Ah. Pas d’enveloppe.

Je recheck mes mails. Oh misère. Sur le coup, j’ai pensé « mais comment je peux être aussi con !? ». Et d’ailleurs je le pense encore. Les autres à qui j’ai raconté ça aussi. J’avais dit la date correspondante en France. En gros, à un jour près ça passait.

Mince, pour ne pas être vulgaire. Comment je m’en sors, là ? Je vais pas me coucher dans un canapé, ça ferait mauvais genre et en plus j’ai pas envie de payer une nuit supplémentaire. Bon, je ressors, tant pis.

Un petit tour dans la ville. La nuit est calme, fraîche. Aucun bruit, à part celui d’un engin lavant la chaussée. J’aurais pu profiter de cette quiétude si je n’étais pas crevé par 2 jours de voyage sans vraiment trouver le sommeil… Je m’installe donc sur un banc. La situation précaire au tout premier contact avec le pays, mine de rien, il fallait le faire.

Mais dormir sur un banc, si quelqu’un a essayé, c’est TRÈS difficile. Il n’y a pas de position miracle, encore moins quand votre tête repose sur un sac plein à craquer. 15 minutes d’entortillements vains et douloureux plus tard, je décide à me lever. Une fille passe dans la rue, sac à dos au dos, regardant à tous les magasins si une ouverture est possible. Pendant deux minutes l’envie de crier « Salut collègue ! » a été forte alors que je la regardais zigzaguer d’un bout à l’autre de la rue, mais la chance qu’elle soit française était trop infime pour que je ne tourne pas en ridicule. De toutes façons, ça ne m’aurait rien apporté.

Je passe dans une ruelle, celle du backpacker. Les néo-zélandais ont la fâcheuse habitude de laisser toutes les lumières allumées, « par sécurité », ce qui donne des faux espoirs toutes les minutes.

Je continue la rue, marquée « No exit ». Une impasse résidentielle. Je rencontre enfin de la vie : un chat, assis quelques mètres devant moi. Je m’approche de lui (j’aime les chats), et bien évidemment, il s’enfuit. Et là, je reste en pause. Assis, c’est un chat. Mais en mouvement, ça ressemblait à une sorte de petit singe étrange, avec une tête se rapprochant étrangement de celle d’un lapin… Premier animal en Nouvelle-Zélande, première surprise.

La bestiole s’étant enfuie dans une maison, je décide de rebrousser chemin, et de retourner sur mon banc. En chemin, je recroise la fille, devant une église, couchée à même le sol. « Non, pas comme ça, même si je tombe de sommeil. »

Mais le banc ne s’était pas amélioré. Je repars donc en exploration 15 minutes plus tard, et au bout d’une autre ruelle je voie une sorte de portail en bois, menant sur un chemin où il était marqué « Mont Eden ». Rien à perdre, rien à gagner, j’y vais. Ça monte sec, c’est normal, c’est un petit volcan. Je n’aurais rien dit si je n’avais pas mes 15 kilos de bric à brac sur les épaules. Au bout de 5 minutes, soufflant comme un moteur de diesel, je m’arrête, sort ma lampe frontale, et écoute le calme régnant dans les environs. Des odeurs inconnues parviennent à mes narines, les arbres émanant des senteurs étranges. Soudain, un bruit de flûte de pan derrière moi. Puis un autre devant. Pas de joueur de flûte visible dans les parages. Au cours d’une longue réflexion personnelle, je suis parvenu à la conclusion que c’étaient les oiseaux. Et en effet, c’étaient eux. Leur cri est vraiment très étrange, comme un coup de sarbacane qui émettrait une note.

C’est dans cette atmosphère étrange et sympathique que je continue mon ascension. Arrivée au sommet, le choc ! C’est… Magnifique ! Les lumières de la nuit s’étendent de tous les côtés de ce point culminant de la ville d’Auckland, endormie. J’ai bien dû rester une heure planté là, à regarder de tous les côtés. On m’a d’ailleurs dit par la suite que j’avais été chanceux, un Auckland sans un nuage étant une chose rare.

J’en ai d’ailleurs profité pour sortit mon appareil photo pour la première fois…

 

La jolie tour d'Auckland scintillant dans la nuit...

La jolie tour d’Auckland scintillant dans la nuit…

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Fanservice, vous n’en aurez pas beaucoup des comme-ça !

Ma folle nuit s’est terminée vers 6h30, avec un café et un toast avec des œufs pochés dessus pour 16$ et des bananes (le même prix que le bus, ouioui), quand j’ai enfin trouvé quelqu’un dans le lodge.

PS : Les parents vous inquiétez pas, j’avais envie de raconter ça parce que moi je trouve ça génial, je ne suis ni mort ni mourant, n’ai ni contracté une maladie orpheline, ni acheté/revendu de la drogue. Merci de votre compréhension.

Join the discussion 4 Commentaires

  • Patricia Martin dit :

    bonjour Sebastien !
    tu sais à quel point j’aime voyager ! c’est bien que tu nous donnes la possibilité de te suivre tout au long de ton périple. je n’ai jamais eu l’occasion de recevoir des chaussettes givenchy malgré mes nombreuses heures de vol (air france, peut-etre ou singapour airlines ?) mais j’ai déjà testé les nuits sur les bancs ou même, par terre ! tu aurais pu te joindre à la demoiselle, vous vous seriez sentis moins seuls!!
    en tout cas je te souhaite un super voyage, c’est à dire de jolies découvertes, et de belles rencontres!! Profites-en au mieux!
    au plaisir de te relire
    Patricia

  • Quertu dit :

    J’ai oublié de préciser: si ton WHV est à la hauteur de ta première nuit sur Auckland, ça va être un truc d’anthologie (et j’écris ces lignes avec une immense lueur de respect dans mes yeux parce que passer la noche sur le Mont Eden pour son arrivée… Chapeau !).

  • Mumu dit :

    Et bé ! ça promet un beau WHV un début comme ça !
    Je pense qu’on va être quelques uns de PVTistes.net à te suivre régulièrement 😉

  • Hyacinthe dit :

    Buddy, je t’admire. À 18 ans, j’aurais pas été aussi courageux. Ton WHV va être super, parti comme ça. Bonne route. 😉

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