Semaine juteuse à Blenheim

« Quoi ? Encore ? Mais il avait pas dit qu’il ne voulait plus en entendre parler ?? »

En effet, j’avais dit ça, je l’avais pensé de toutes mes forces, toute mon âme sûrement, tellement l’expérience à Cromwell avait été décevante.

Mais quand l’argent vient à manquer, ça reste quand même une solution bien utile. Je parle bien sûr du fruit picking, des vendanges à Blenheim.

Dans ma retraite de Picton où, une fois de plus, j’appréciais le goût de cette petite ville simple et sans prétentions ni artifices, je faisais mes calculs. Et aucun ne collait, ou alors je risquais de me retrouver pendant une semaine à Singapour avec un peu moins de 200$. Ce qui n’aide pas.

Automne oblige, il est de notoriété nationale qu’en ce moment les vendanges battent leur plein autour de la ville de Blenheim.

M’étant décidé, je tends le pouce à la sortie de ma ville favorite, et trouve un ride vers Blenheim en 20 secondes. On dira ce qu’on voudra, mais cet endroit pour le stop est magnifique ! On traverse les montagnes marquant la fin des Marlborough Sound, et peu à peu des vignobles de toutes tailles tâchent le paysage, de plus en plus nombreux et de plus en plus grands. Bienvenue au pays du vin.

La ville de Blenheim reste quand à elle très « normale » : un centre ville truffé d’échoppes, entouré par quelques zones commerciales et résidentielles. Rien de vraiment marquant.

J’arrive à mon backpacker, The Grapevine, et prend de justesse le dernier lit en dortoir.

Le dernier et le meilleur !

Le dernier et le meilleur !

Puis, pensant au meilleur moyen de trouver un job, je m’installe sur mon lit, et commence à  regarder quelque film. Deux heures plus tard environ, je suis interrompu par la gérante de l’auberge, qui me demande si je cherchais pas un job. Je réponds que si, on me donne un contrat, que je remplis sans lire les petites lignes.

Je commence le lendemain. Allons bon, ça me rappelle quelque chose.

A 7 heures, un van vient me chercher, et nous allons sur notre premier lieu de travail. Sur une route de terre, deux ou trois vans et toute autant de voitures se suivent. On arrive près du vignoble, des deux autres vans descendent une quinzaine d’autres pickers s’avérant être de Vanuatu.

On nous briefe rapidement sur les raisins qu’il faut prendre ou pas, sur la façon de s’y prendre, et on est partis. Et rangement, je ne me sentais pas du tout comme à Cromwell, et ce sentiment s’est confirmé les jours suivants : j’étais tombé sur LA compagnie qui me convenait.

Ici, plus de supervisor qui nous crie qu’on est trop lents tout le temps, pas de recherche dans nos raisins pour nous faire voir qu’on ne fait pas le job assez bien. Pas d’épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. Non.

Simplement, une ambiance plutôt détendue (il faut avouer que les gars de Vanuatu savent s’amuser en toutes circonstances), tout le monde travaillant à son rythme, la patronne s’attelant à la tâche elle aussi; le fait qu’au deuxième jour on me dise « n’essaie pas d’aller vite mais de faire les choses bien, chaque chose en son temps » m’a fait complètement changer d’avis sur le fruit picking.

Mais en fait, j’ai été chanceux. Après avoir parlé à quelques compagnons de backpacker, il est apparu que nombre d’entre eux étaient tombés sur des lieux assez similaires à « l’usine » qu’était la compagnie pour laquelle je travaillais à Cromwell. 12 heures de travail de nuit dans des conditions difficiles, ou 12 heures de picking avec des supervisors absolument exécrables sur le dos, te reprochant à chaque minute que tu ne vas pas assez vite et que tu ne fais pas assez attention à ce que tu coupes.

Je dirais que plus l’entreprise est petite, et plus elle a de chances d’être sympa : celle-là était composée d’une vingtaine de personnes, et avait vraiment une excellente atmosphère de travail. Mais si jamais une compagnie fait plus de 35 ou 40 personnes, alors il y a des chances pour passer de très, très mauvais moments.

Finalement, je ne regrette pas d’être repassé par la case fruit picking : en plus d’avoir remonté mes fonds, j’ai compris qu’il était possible d’exercer ce travail en Nouvelle-Zélande sans avoir l’impression de se faire exploiter. Même si j’ai eu de la chance et que ce genre de compagnie n’est pas ce qu’il y a de plus fréquent, ça permet quand même de relativiser. Et aussi de pouvoir travailler environ 13 heures dans une journée sans n’avoir pour seule pensée que « rentreeeeer, dormiiir… »…

Join the discussion 3 Commentaires

  • mondalu dit :

    Je rêve de faire les vendanges en Nouvelle-Zélande. Je pensais justement à Blenheim, mais vu tout ce que je lis sur le web, il faut connaître les filons pour tomber sur la bonne adresse. T’avais-t-on conseillé ? Ou avais-tu préféré laisser jouer le hasard ? En tout cas, je suis preneuse de bons contacts 😉 Lucie

    • solomai dit :

      Je ne suis pas sûr que ce soit un rêve, mais les faire en avril a toujours quelque chose de fun :p !
      A vrai dire, tout est comme je le dis dans mon article. Je me suis arrêté au Grapevine Backpacker, j’ai dit à la gérante que j’avais besoin d’un boulot, 2 heures plus tard on m’en a offert un alors que je regardais un anime sur mon PC… Donc c’est totalement de la chance.
      Et je n’ai pas près de moi non plus les coordonnées ou même de nom de cette petite entreprise… Il faut donc que tu tentes ta chance ! Je te recommande d’ailleurs ce petit backpackers, vu qu’il est plus implanté dans le travail saisonnier il suffit de demander et la gérante te trouve des contacts.
      J’espère t’avoir au moins un peu aidé, et bonne chance ! 🙂

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