Le Routeburn Track, Episode 2.

Une nuit de sommeil au fil du soleil, couché à 9h et réveillé à 6, à apprécier un petit café sur la terrasse de la hut, en admirant le paysage grandiose s’étendant devant moi.

Remise en place des affaires dans le sac, et c’est reparti. Je me joins cette fois à Hiroto, le Japonais, pour l’étape du jour, passant par le point le plus haut de la traversée, le Harris Saddle, et la Conical Hill.

On avance doucement, montant le long des chutes de la Routeburn, sur un chemin fait de roches, assez abrupt. Le paysage se dessine doucement au fur et à mesure de la montée. Des pics de roche, dominant des plaines d’herbe et de mousses, et d’autres petites plantes de montagne. Le Gondor dans toute sa splendeur.

Rajoutez quelques chevaux et on s'y croirait.

Rajoutez quelques chevaux et on s’y croirait.

Ce qui est génial quand on marche avec un Japonais, si sportif qu’il soit, c’est que les pauses photos sont plutôt nombreuses et qu’on peut donc profiter des paysages et reprendre son souffle quand on n’est pas habitués à marcher.

Le mien avait une autre qualité, en plus d’être vraiment très sympa : d’excellents yeux. Ce qui nous a permis de prendre sous toutes les coutures un oiseau aux coloris magnifiques, mais malheureusement menacé d’extinction dans la région, à cause des « stout », sortes de belettes ou de furets, importés par les européens, et qui ont visiblement apprécié le côté garde-manger de la région. Bien sûr des pièges sont mis en place partout dans les parcs nationaux, mais cela n’est hélas pas suffisant pour préserver tous les oiseaux endémiques de la région.

Si beau et pourtant menacé...

Si beau et pourtant menacé…

Allez, on doit continuer. Au fur et à mesure de l’ascension vers le Harris Saddle, l’appréhension monte : des murs de pierre quasi verticaux se dressent en face de notre chemin, et nous font douter de la difficulté de la marche. Puis, soudain, un grand lac au bleu profond apparaît, révélant un passage entre les parois escarpées des montagnes. « SUGEEE » (すげー) ! (Génial en Japonais), ou encore « Oh f*ck YEAH ! », non seulement on n’aura pas à monter beaucoup plus haut, mais en plus la route s’ouvre sur un vallée magnifique, remplie de petits lacs de montagne reflétant les sommets lointains.

Miroir d'eau...

Miroir d’eau…

Évidemment, nous n’étions pas au bout de nos surprises. Plus loin sur la route se situait un abri, pile poil sur le Harris Saddle, offrant une vue sur la vallée en contrebas, quelques 600 mètres plus bas, une vue tellement incroyable que la seule chose que nous avons trouvée à faire était de nous asseoir sur un banc, en silence, et de regarder.

Puis, laissant nos sacs dans l’abri, nous nous dirigeâmes vers la Conical Hill, petite marche montant sur le flanc de la montagne pour obtenir le point de vue le plus haut perché de la Routeburn Track. Et, même si le vent soufflait de toutes ses forces, notre souffle à nous fut coupé une fois de plus. Une vue incroyable, jusqu’à la Tasman Sea, et sur tous les monts environnants.

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Je reste sans mots sur celle là…

Mais un jour, il faut bien redescendre, ce qui fut fait bien assez tôt. La marche difficile à l’aller l’a été bien plus au retour. Des roches glissantes et étrangement placées nous firent vite apprécier le fait d’avoir laissé nos sacs dans le refuge. Une petite pomme, une barre de céréales, et on se remet en route. Le chemin continue le long de la chaîne de montagnes de l’autre côté de la vallée, passant au-dessus de cascades, de petits ruisseaux de montagne aux eaux froides et délicieuses, d’étranges lieux remplis de plantes de montagnes, qu’on eut dit qu’ils avaient été plantés en cet endroit. Puis le chemin s’emballe, monte, descend, bifurque à droite, à gauche, et soudain la dernière étape du jour apparaît, en contrebas, dans toute sa splendeur : le lac MacKenzie.

Un lac bleu-vert logé dans le fond d'une vallée majestueuse...

Un lac bleu-vert logé dans le fond d’une vallée majestueuse…

Puis, en face de ce lac aux couleurs magnifiques, après un petit repas ressemblant étrangement à celui de la veille (il me restait du salami !), nous entamons la descente dans la vallée. Puis, doucement, la végétation réapparaît, des larges feuilles, puis des arbres remplis de mousses intrigantes… Trop intrigantes sûrement, car, le nez en l’air, je n’ai pas vu la marche venir. Ni le rocher en dessous. Et paf la cheville. Mine de rien, ça met en rogne, une entorse sur une si magnifique randonnée. Heureusement, ce n’était rien de sérieux, et j’ai pu terminer en boitant quelque peu jusqu’à la hut, à quelques 45 minutes de là.

Première direction, le lac, histoire de se rafraîchir, une fois de plus, et doublement utile pour moi, pour calmer un peu l’inflammation. Mais évidemment, nager avec une entorse étant un challenge pas si évident, j’ai fini à me réchauffer au soleil sur un rocher, en regardant Daril, qu’on avait retrouvé là, et qui devait poursuivre son chemin jusqu’à la hut suivante, et Hiroto essayer de rentrer dans l’eau. Pourtant elle était plus chaude, j’en suis certain…

Comment ne pas plonger ?

Comment ne pas plonger ?

Retour dans la hut, choix d’un lit, et soirée relativement similaire à la précédente : riz, blabla de celui qui s’occupe de la hut, photos au coucher du soleil, et enfin dodo, cette fois avec l’appréhension du lendemain, ma cheville me faisant encore relativement mal.

 

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