Ce jour où j’ai touché le Nord… – Épisode 3

Ahipara, un petit paradis au coin d’une plage, ne m’aura accueillie que peu de temps, puisque mon but direct, le dernier magnifique endroit que je comptais voir (ou l’avant dernier selon les goûts) n’était autre que le Cap Reinga, pas vraiment la pointe Nord, mais pas loin, considérée par les Maoris comme le lieu où l’âme d’une personne venant de mourir s’en va vers l’Au-delà.

Et par les touristes comme un lieu d’exception. Bon.

Je commence ma route, confiant, trouve un lift, puis deux, trois, quatre… Pour un total de quelques 50km. Plus que 60 ou 70 km restants. Sûrement pas la meilleure journée pour le stop, vu les trombes d’eau s’étant abattues sur la région juste avant. C’est vers 18h qu’un gars très sympa m’emmène directement sur place, qui n’était pourtant pas sa destination. Et c’était aussi ma dernière chance d’atteindre l’endroit.

Il me laisse sur le parking. Quelques secondes passent, et d’un coup la réalité me frappe violemment : mais qu’est-ce que je fous là, et comment je sors de là ? Plus une voiture sur le parking, et camping alentour interdit.

Je tourne en rond, avec mes deux sacs, réfléchissant à une solution. Qui ne vient pas. Et en plus j’ai paumé ma gourde en chemin. Ô joie.

Et d’un coup, venant d’on ne sait où, un gars d’à peu près mon âge surgit près du panneau d’information. Lui était en train de faire le Coastal Track, une marche de quelques jours sur l’extrémité Nord de l’île. Et il s’est avéré que, contrairement à ce que je pensais, le camping était autorisé à quelques 500 mètres de toute route.

Et c’est ainsi que, 500 mètres plus bas, sur le chemin, nous nous installions très peu confortablement, il faut le dire, pour passer une nuit dans ce qui est pour moi l’endroit le plus dingue qu’il soit.

Pas d'arbres, on fait avec.

Pas d’arbres, on fait avec.

Puis on attend, silencieux, regardant l’incroyable spectacle se mettant en place devant nous. Des nuages relativement petits déversant des trombes d’eau sur la mer (et sur nous) se déplacent rapidement tandis que derrière, le soleil se couche dans un magnifique flamboiement.

On a trouvé pire, comme vue.

On a trouvé pire, comme vue.

Vraiment pire.

Vraiment pire.

La nuit tombant, je sors mon petit réchaud, et fait cuire quelques noodles pour mon compagnon et moi, et puis tiens, pourquoi pas les crackers avec le beurre, tant que je les ai sur moi, ce qui fut apparemment génial pour Marco (c’est son nom, et je vous laisse deviner sa nationalité. Indice : ce n’est ni du Sud de l’Europe, ni d’Amérique.), qui ne mangeait que des toasts avec du beurre de cacahuète et quelques concombres en conserve depuis deux jours. Pas simple le camping sauvage, pas simple !

Alors que la nuit nous encerclait, et seule la lune projetait les ombres indéfinies des collines et plantes alentours sur le sol, un petit bruit attira notre attention. Un opossum visiblement intéressé par notre campement quelque peu étrange vint nous rendre visite. Je sais que certains, depuis l’article de ma première nuit, voulaient absolument une photo d’opossum, mais c’était sans compter le fait que ça court vite, ces bestioles…!

Et, au dodo.

Mauvaise nuit, voir très mauvaise : je ne pensais pas que la pente sur laquelle j’avais fixée mon hamac, et placé mon matelas en-dessous, serait suffisante pour me faire glisser. Et ainsi, j’ai passé toute ma nuit à essayer de trouver une position dans laquelle je pouvais dormir sans me réveiller un mètre plus bas, chose qui s’est avérée plutôt difficile.

Au réveil, alors que le ciel n’était pas encore teinté des premières lueurs de l’aube, nous décidâmes de descendre près du phare, point le plus avancé du Cap, pour admirer le lever de l’astre solaire. Une poignée de jeunes asiatiques étaient déjà sur place, avec visiblement le même projet que nous.

Après un quart d’heure d’attente, environ, le soleil daigna enfin pointer ses premiers rayons, derrière quelques bas nuages, créant encore une fois des reflets absolument magnifiques sur toute la région.

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Où suis-je ?

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Rien que ça valait le coup de monter au Cap.

Puis, le spectacle terminé, nous prenons un rapide petit déjeuner, et remontons tout en haut, vers le parking.

Et c’est à cet endroit exactement qu’une des choses les plus incroyables que je n’avais jamais vu s’est produite devant mes yeux. Je suis resté planté là, regardant cette vue incroyable, et tellement bizarre, pendant quelques minutes, avant qu’elle ne s’évanouisse d’elle-même.

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Joli, hein ?

Après avoir remballé tout le matériel de camping, et dit au revoir et merci à ce compagnon de passage, je retournais sur le parking, la tête encore paumée dans les souvenirs, et, quelques temps plus tard, un homme quelque peut étrange m’offrait un ride jusqu’en bas de la péninsule.

Dernière destination : Pahiha et la Bay of Islands !

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