En route vers Pokhara !

By 3 juin 2017Népal

Grâce à mon stage, il y a quelques jours, j’ai eu la chance de sortir pour une semaine du chaos infernal régnant en maître sur la ville de Katmandou. Une semaine pour respirer et m’échapper un peu, et prendre du recul par rapport à ma vision du Népal.

Mardi 16. Lever à 6 heures, habituel, dans ma maison d’accueil. Un dernier check-up de mon équipement et de mes papiers, et je m’en vais. Longeant les routes d’une Katmandou encore endormie quoique déjà empreinte des premiers bruits du jour, je recherche mon point de départ, l’arrêt des bus touristiques.

Et je finis par le trouver. Une succession presque infinie de bus, bien rangés sur le bord de la route, présentant des couleurs chatoyantes. On m’appelle de tous les côtés : « Pokhara sir ? » « Dulikhel ? » « Bharatpur ? » « Bananas sir ? »… Dommage pour eux, en plus d’avoir une réservation déjà faite pour mon bus, je connais maintenant leurs stratagèmes pour me faire acheter des fruits et autres thés beaucoup trop chers. Tant pis, je tiendrais sans. Mais je ne sais toujours pas où est mon bus. Je fais quelques aller/retours, avant de demander à quelques locaux. Et ils connaissaient apparemment par cœur la position de chaque bus et de chaque compagnie dans la longue file composée d’une quarantaine de machines vétustes et sales.

Je trouve finalement le mien grâce à leur aide. J’embarque mon sac dans le coffre, me trouve un siège confortable, et j’attends l’heure du départ.

7 heures. Toute la file de bus, bien alignée, semble prise de folie. Tous s’animent en même temps, leurs vieux moteurs vrombissant le long de la route. Le voyage commence. Puis semble prendre une tournure étrange à la sortie de Katmandou. Après presque une heure coincés dans les bouchons de la ville, je me prends à penser que le pire était passé. Si le pire ne comptait que la pollution et les bruits des klaxon, alors oui, il était passé. Mais nous nous engouffrions alors sur la route la moins adaptée aux passages de bus possible. Des cahots, des rochers, le tout sous une pluie battante faisant dévaler un torrent de boue sur les bas-côtés et créant de la larges flaques sur la chaussée.

montagnes brumeuses à la sortie de Katmandou

Enfin, de la verdure !

Le bus semblait presque joyeux, lui. Sautant à maintes reprises sur les aspérités de la route, bondissant en vue du long voyage qu’il allait faire, sans manifestement tenir compte de ses pauvres passagers. On allait de l’avant, on grimpait les collines entourant la gigantesque vallée de Katmandou.

Puis le voyage continua vers Pokhara, longeant des falaises vertigineuses, des torrents de montagne, le tout dans une végétation dense et verdoyante, avec la traversée d’un occasionnel village où les locaux ont bien compris l’intérêt du passage des grandes lignes touristiques. Puis petit à petit, le paysage deviens plus plat, plus doux. De nombreuses fermes font leur apparition, et quelques buffles regardent le bus passer, indifférents. Et enfin, nous touchons au but, Pokhara. 8 heures de route pour 200 kilomètres.

Au moment où je sors du bus, une averse se met à tomber. Un type qui se présente comme un chauffeur de taxi vient vers moi, et me demande où je compte loger. J’ai une réservation dans un certain hôtel, donc je lui donne cette destination. Ce à quoi il me répond que non, il connaît cet hôtel, qu’il est beaucoup moins bien qu’un autre qui semble être, pour lui, l’endroit le plus magnifique du monde. Je me marre un peu, lui répond que je veux quand même aller vers mon hôtel miteux. Il ne répond rien et me tourne le dos en grommelant. Raté. Un autre taxi m’y conduira finalement pour un prix relativement raisonnable.

Et c’est ici que j’ai enfin saisi les possibilités incroyables qu’offre le tourisme à un pays pauvre comme le Népal : Pokhara n’est pas une ville très accessible. Coincée entre les montagnes, elle semble n’avoir comme avantage que la proximité du massif des Annapurnas, et des nombreuses possibilités de treks et de voyages d’aventure qui en ressortent. Pourtant, malgré sa situation, l’hôtel dans lequel je suis resté était non seulement beau et bien entretenu, mais aussi équipé des derniers conforts modernes que je n’ai vu que très rarement dans les places locales népalaises. Télévision HD, climatisation, eau chaude courante (!)… Plus tard, j’ai appris que presque tous les hôtels sur le bord du lac Phewa avaient accès à ces luxes auxquels la plupart des locaux ne pourra jamais avoir accès. Une telle différence entre l’intérieur et l’extérieur, juste pour les touristes, est assez incroyable.

La ville de Pokhara surplombée de ses montagnes

Une vue sur la ville

Après une soirée faite de rencontres et de quelques bouteilles de bière, je passerai finalement une assez mauvaise nuit dans une chambre trop confortable pour être vraie.

Le lendemain, rencontre avec mon guide. Il semble extrêmement sympathique, mais parle un anglais assez mauvais. Bon. Je suis embarqué dans une voiture, en direction de Nayapul, point de départ du trek, et point d’entrée dans le massif légendaire des Annapurnas.

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