Guide de l’autostop au Japon

Ceci est mon premier article informatif, où je ne parlerais pas de mes histoires sur la route ! Le prochain est pour bientôt, je vous assure.

Cet article sera en évolution constante, suivant mes expériences et idées.

Bref, je pense qu’au jour d’aujourd’hui, mes quelques expériences dans ce domaine sont suffisantes pour donner un petit guide explicatif en quelques étapes. Mais d’abord, qu’est ce que l’autostop au Japon ?

Eh bien, contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas du tout un moyen de voyager cheapos dans un pays beaucoup trop cher. Certains peuvent le voir comme ça, mais moi je le vois plutôt comme un tas d’opportunités hors du commun de rencontrer et de comprendre la population locale, à la culture si différente de la notre sous bien des aspects !

Ensuite, est-ce difficile ?

Oui et non. Si vous ne parlez pas du tout Japonais, non seulement de nombreuses opportunités de converser avec des gens exceptionnels et incroyables vous passeront sous le nez, mais de plus, si vous voyagez seul(e), le fait de ne pouvoir parler avec personne se fera tôt ou tard sentir.

Si vous parlez Japonais, ne serait-ce qu’un peu, nombre de portes s’ouvrent. Mais s’immiscer dans cette culture n’est pas un exercice aisé, d’autant plus en auto-stop, moyen de transport très rare dans ce pays !

Est-ce cher ?

Tout dépend de votre façon de voyager, mais j’aurais tendance à dire « pas du tout », pour des raisons que j’expliquerai plus loin !

Mais n’ayez crainte, je vais vous aider à vous préparer pour tendre le pouce dans le pays du soleil levant, c’est parti !

Premièrement :

Il y a plusieurs façons de voyager en autostop au Japon, dépendant généralement de la quantité d’argent que vous comptez mettre dans votre voyage, et de votre capacité à parler Japonais. Je voyage personnellement de la façon la plus simple possible, en payant quand il le faut. Mais vous avez le droit de galérer, si vous aimez ça.

Bref, pour commencer, préparation : il y a des lieux de stop que vous ne pourrez pas louper, ils sont géniaux : premièrement, les kombinis (コンビニ), sortes de petites supérettes ouvertes 24 heures par jour, 7 jours par semaine. Ils sont généralement situés partout, sauf sur les highway, et dans les régions un poil reculées. Toilettes, lumière, plats pas chers, ils ont absolument tout pour plaire !

Ensuite, les Michi no Eki (道の駅). Ce sont des sortes d’aires de repos le long des longues routes, généralement les plus touristiques et passagères. Ces dernières comptent généralement un restaurant, des toilettes à profusion, des bancs où dormir, assez souvent des onsen (温泉), bains chauds comprenant généralement des douches, pour un prix très accessible, en général 350Y.

Enfin, les PA et SA (Parking Area et Service Area, パーキングエリア et サービスエリア). Ces deux-là se trouvent sur les highway, et correspondent à nos aires d’autoroutes françaises : des petites avec des toilettes et un parking, et des grosses avec restaurants et autres extras. Il va sans dire qu’il faut viser les secondes en priorité.

Pancarte ou pas pancarte ?

Ça dépend de deux choses : avez-vous une direction précise, et parlez-vous japonais ? Si vous avez répondu oui à la première, et non à la deuxième, alors clairement, une pancarte est nécessaire. Si jamais vous avez répondu non à la première et oui à la seconde, alors débarrassez-vous vite de ce bout de carton !

Je m’explique : la pancarte indique une direction ou vous voulez aller. Pour les Japonais, c’est une direction où vous DEVEZ aller. Ce qui veut dire qu’en général, si ils voient une pancarte, ils ne s’arrêteront que s’ils vont eux-mêmes vers la direction indiquée. Si c’est la prochaine ville, alors il n’y en a pas besoin, mais si c’est trop loin, alors vous risquez  de ne plus avoir personne pour vous portez plus loin !

Pour ce qui est de la langue, si vous n’êtes pas vraiment capables de vous exprimer, autant mettre toutes les chances de votre côté : les gens qui s’arrêteront vous porteront presque toujours à votre destination, ce qui est en soi plutôt confortable.

Personnellement, je n’utilise une pancarte que dans deux situations : je suis sur une highway avant un croisement important, et je dois aller loin rapidement, ou il est tard, et ma destination est encore loin. Dans ces deux cas, je n’ai pas le loisir d’aller dix kilomètres plus loin.

Vous êtes prêts ? Tendez votre pouce ou votre pancarte !

Deuxième étape :

L’odeur de la route, le regard interrogateur des conducteurs, le vent déplacé par les camions qui passent en trombe devant vous : quel bonheur !

Alors, où vous installer pour commencer votre aventure, et comment y aller ?

Vous êtes en ville :

« Mais je suis au centre de Tokyo ! Je fais comment ? ». Trois solutions, triées du plus simple au plus fou.

  • Prendre un train. Oui, un train. Certes, vous êtes autostoppeur, vos déplacements doivent être gratuits. Mais vous voulez franchement galérer pendant un temps fou pour sortir d’une de ces géantes villes tentaculaires parcourant l’archipel ? Si oui, reportez-vous à la solution 3. Si non, reportez-vous à Google Maps. Je l’utilise personnellement tout le temps, il a remplacé ma carte, même si mon portable n’a qu’une SIM qui ne fonctionne plus depuis des mois (ou sinon, une carte routière fera l’affaire, mais sera moins précise); trouvez une ligne de train loin du centre qui passe à moins d’un kilomètre ou deux de la route que vous souhaitez emprunter. ATTENTION : si c’est une autoroute, vous pourrez vous retrouver dans une situation assez mauvaise, les rampes d’accès (IC) étant preque totalement incompatibles avec l’autostop. Trouvez ensuite un spot de stop conventionnel, ou bien un kombini, le long de votre route, et partez d’ici !
  • Aller jusqu’à la rampe d’accès d’une autoroute (IC), proche du centre, à l’aide des transports en commun. C’est assez peu recommandé, mais pour sortir rapidement de la ville dans trop dépenser, vous trouverez assez difficilement mieux. Règle d’or : ne sortez pas de l’autoroute avant d’atteindre votre destination. Rentrer sur l’autoroute est déjà difficile, vous ne voulez pas recommencer l’expérience si vous pouvez l’éviter, je vous assure.
  • Faire du stop aux kombinis à parking proches du centre. Ça revient à ne rien dépenser pour vos déplacements. Strictement rien. Si vous avez de la chance, un conducteur ira sur l’autoroute à partir de votre position. N’oubliez pas, les kombinis avec parking sont vos meilleurs amis. Ne les négligez jamais.

Notez que ces solutions sont principalement pour Tokyo et Osaka. J’ai utilisé la troisième technique dans des villes de moindre importance (Nara, Aomori, Tokushima), et m’en suis sorti en plus longtemps qu’avec un train, mais sans frais et sans péter un plomb non plus.

Vous êtes dans les bambous :

Regardez bien autour de vous, la nature au Japon est magnifique ! Les lieux de hitchhike (nom anglais de l’autostop) sont légion, mais privilégiez tout de même les kombinis. Si vous êtes sur une petite route de campagne, n’ayez crainte : les Japonais sont en général très sympathiques, et verront que vous êtes en difficulté, et s’arrêteront pour vous. Si jamais vous êtes paumés au milieu de la forêt, pour une raison qui ne me regarde pas, essayez de capter une ligne de train pour vous avancer un peu. Le réseau ferré est assez dense, c’est toujours surprenant. Et deux stations, ça ne fera jamais que 300Y grand maximum.

Bref, vous voilà sur le bord de la route, à votre emplacement choisi. Un gentil conducteur vous fait signe, c’est parti ! « どこまで? », demande-t-il. Doko made, si vous ne savez pas lire les hiragana. J’espère que vous savez au moins les lire. Les katakanas sont un must d’ailleurs. Hum. Cette question, c’est, vous l’aurez sans doute deviné, « où vas-tu ? ». Répondez avec le nom de votre ville, ou faites comme moi, avec mon très mauvais japonais « こちら、どこでも!- Kochira, dokodemo » En gros, « par là, n’importe où ! ». C’est pas très efficace, les Japonais préférant du solide dans les réponses, mais ça a le mérite d’être amusant.

Contrairement à beaucoup d’autres pays, vous pouvez relâcher votre vigilance au Japon. Je pense que le seul problème pouvant arriver, c’est, si vous êtes une femme, celui du harcèlement sexuel par un japonais un poil trop pervers. Mais remettre ces mâles un peu trop entreprenant à leur place n’est dans la plupart des cas pas compliqué, étant habitués à l’attitude très « laisser faire » des femmes japonaises…

Notez que n’importe qui peut s’arrêter pour vous prendre en autostop : des familles complètes, des célibataires endurcis, des amies en vacances, des salarymen en costume, des vieilles obaachan… Cette diversité apporte une réelle surprise, mais rend l’expérience d’autant plus amusante !

Apprenez à décoder les plaques d’immatriculation :

C’est bien connu, en stop, si vous avez une idée précise de l’endroit où vous voulez aller, vous mettrez plus de cœur à héler un véhicule qui va potentiellement dans votre direction, plutôt qu’un autre qui risque de tourner à la prochaine courbe. Et le Japon est bien fait dans ce sens : comme pour les numéros de départements en France, les plaques d’immatriculation japonaises possèdent certains symboles donnant tout simplement la ville de résidence du véhicule.

plaque d'immatriculation japonaise

Par exemple, ici, les kanji en haut à gauche de cette plaque d’immatriculation (多摩, Tama) font référence à une ville dans l’agglomération de Tokyo, à l’ouest. Une aubaine pour rentrer vers la ville si vous venez du Sud, mais n’en attendez pas trop si votre but est de sortir de Tokyo !

En faisant du stop, vous vous apercevrez bien vite que certaines villes sont beaucoup plus présentes que d’autres, et même que les véhicules venant de certaines villes s’arrêteront plus facilement que d’autres (et inversement).

La liste complète des villes apparaissant sur les plaques est disponible en suivant ce lien (en anglais). Bien sûr, pas besoin de tout retenir, ni de se fier à 100% à la ville de provenance du véhicule ! Mais dans certains cas, et plus particulièrement sur les SA et PA dans les autoroutes, si vous devez vous adresser à des gens pour qu’ils vous emmènent, autant mettre toutes les chances de votre côté.

Troisièmement :

Soyez le plus courtois et sympathique possible, dans vos requêtes, vos demandes, si futiles soient-elles. N’oubliez pas que les japonais sont très attachés à la hiérarchie de l’âge. Même si je dois avouer que j’utilise un langage assez familier avec tout le monde, ma connaissance du japonais est trop limitée pour que j’en fasse plus. Mais je suis certain qu’il serait apprécié que je m’y prenne plus avec des pincettes avec les gens plus âgés. Bref, faites des erreurs, et apprenez de celles-ci ! Rentrer dans une nouvelle culture n’est pas un exercice facile.

Dans la plupart des cas, les japonais voudront faire au mieux. Mais vraiment au mieux : détours de plusieurs heures, snacks sur le chemin… Si vous partez pour un gros trajet, sachez que vous aurez presque toujours de la nourriture, allant du petit fruit au passage au grand restaurant à plusieurs milliers de yens. Sachez parfois refuser, même si ça a l’air de leur faire plaisir : ça m’est déjà arrivé de me retrouver avec trop de nourriture en tous genres dans mon sac !

Si vous êtes sur l’autoroute, insistez pour être déposé sur une SA. C’est très important que vous fassiez comprendre à votre conducteur que plus loin ne veut pas forcément dire mieux pour vous. Si jamais vous sortez de l’autoroute, y retourner pourrait être un enfer, sachant que vous pouvez vous faire éjecter d’un péage, n’étant pas autorisés à y être à pieds.

Questions diverses

Concrètement, c’est cher ?

– Non. La nourriture est deux fois moins chère qu’en France, les attractions aussi, et nombre d’entre elles sont gratuites. Les vêtements non spécialisés sont eux aussi relativement abordables. Attention tout de même à ne pas tomber dans le « petits trucs à 100Y sur le bord de la route ». Le nombre de tentations est effrayant, il faut savoir y faire face.

Combien de temps attend-t-on ?

– Je dirais en général entre 30 minutes et une heure. Je n’ai pas non plus vu de grandes différences entre le matin et le soir, niveau temps d’attente. Il faut tout de même patienter un peu, le stop n’est pas très représenté au Japon !

Quel temps il fait ?

– Suivant les régions et les saisons… Évitez Hokkaido et consorts en hiver (des tonnes de neige et -40°C), et vous aurez une amplitude de températures allant de 0°C à 35°C, toutes saisons et régions confondues. Le temps est en général agréable, sauf en Juin, Juillet et début Août. Ces trois mois sont ceux de la saison des pluies, et des moustiques. Plus vous avancerez dans cette saison, et plus la chaleur deviendra intenable, avec un taux d’humidité affolant. Gardez ces mois-là pour Hokkaido !

Où dormir ?

Partout, si vous avez une tente. Il est toléré de dormir dans les parcs publics des grandes villes, si vous installez votre tente pendant la nuit. Sinon, tentez l’hébergement spontané, c’est assez simple en autostop si vous sortez des grands axes. Et ça donne lieu à des expériences géniales !

Et pour l’eau ?

– Vous en avez partout, de chez partout. En règle générale, je vais demander aux kombinis qu’ils me remplissent ma gourde à leur robinet. Pas besoin de pastilles purificatrices si vous restez sur la route !

Vous avez une question ? N’hésitez pas à la mettre en commentaire, j’y répondrais dès que possible !

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